Formation pour faire des DPE : guide pour choisir les bonnes options

Près de 7 millions de logements en France dépassent les seuils énergétiques tolérés, classés en catégorie F ou G. Un chiffre qui donne à réfléchir, surtout quand on sait que chaque transaction immobilière oblige désormais à produire un Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). Ce n’est plus une simple formalité : c’est un levier stratégique pour orienter la rénovation, valoriser un bien, ou éviter des sanctions. Derrière ces rapports, il y a des professionnels formés, capables de décrypter la complexité thermique d’un immeuble. Mais comment s’y préparer ? Quelle formation choisir pour être opérationnel, notamment sur les DPE à l’immeuble ?

Formation pour faire des DPE : les prérequis et étapes clés

Pour intégrer une formation DPE, deux chemins principaux s’offrent à vous. Soit vous justifiez d’un diplôme de niveau bac (niveau IV), dans des domaines comme le génie civil, le BTP ou l’énergie. Soit vous avez accumulé trois années d’expérience professionnelle avérée dans le secteur du bâtiment – que ce soit comme technicien, conducteur de travaux, ou responsable maintenance. Cette double possibilité ouvre la voie à des reconversions solides, souvent motivées par une envie d’indépendance et d’impact environnemental.

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Niveau d’études et expérience professionnelle

Le niveau d’entrée est encadré pour garantir un socle technique fiable. Les organismes de formation vérifient systématiquement les justificatifs avant d’accepter une inscription. Ce n’est pas du formalisme : le métier exige de comprendre des notions comme la transmission de chaleur, les coefficients de déperdition, ou l’impact des matériaux. Une formation sans prérequis solide serait vouée à l’échec, surtout en ce qui concerne les DPE collectifs, bien plus complexes que les diagnostics individuels.

Le déroulement du cycle de certification

Une fois les prérequis validés, la formation se déroule en deux temps. Une phase théorique, en présentiel ou en distanciel, qui couvre la réglementation thermique, les outils de simulation, et les méthodes de saisie. Elle est suivie d’un passage pratique, souvent filmé, où le candidat doit réaliser un DPE complet sur un logement type, en respectant les protocoles de mesure. L’examen final est divisé en deux parties : un QCM technique et une mise en situation réelle notée par un examinateur indépendant. La certification obtenue est valable sept ans, mais impose un suivi régulier pour rester à jour avec les évolutions réglementaires.

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Pour monter en compétence sur la rénovation énergétique globale, il est judicieux de suivre le cursus de formation pour accompagner les copropriétés sur leur DPE à l’immeuble. Ce parcours va au-delà du diagnostic de base : il intègre la lecture des plans techniques, l’analyse des installations communes, et la capacité à proposer des préconisations réalistes pour des projets d’efficacité énergétique à l’échelle d’un immeuble.

Distinguer le diagnostic individuel du DPE à l’immeuble

Distinguer le diagnostic individuel du DPE à l'immeuble

L’un des malentendus les plus fréquents ? Croire que le DPE est identique, que ce soit pour un appartement ou un immeuble de 50 lots. La réalité est tout autre. Le DPE sans mention, souvent appelé DPE individuel, est conçu pour les biens résidentiels simples : maisons individuelles, appartements en copropriété, ou logements en accession. Il repose sur des logiciels de calcul simplifiés, qui s’appuient sur des hypothèses standardisées de ventilation, d’occupation, ou de chauffage. C’est un bon point de départ, surtout pour ceux qui souhaitent se lancer dans le diagnostic immobilier.

En revanche, le DPE à l’immeuble, ou DPE avec mention, entre dans le détail des systèmes collectifs. Chaudières, réseaux de distribution, ventilation mécanique, régulation, isolation des parties communes… tout doit être mesuré, photographié, analysé. Le logiciel utilisé est bien plus poussé, intégrant des modèles dynamiques de consommation. C’est ce type de diagnostic que les copropriétés sont désormais tenues de produire dans certaines situations – notamment lors de travaux d’envergure ou de la mise en place d’un plan pluriannuel de travaux.

La spécificité du DPE sans mention

Le DPE sans mention reste très pertinent pour le marché résidentiel classique. Il permet de couvrir la majorité des transactions immobilières, surtout dans les zones où la demande de rénovation globale est encore limitée. Il est plus rapide à réaliser, moins coûteux pour le client, et demande une formation plus accessible. Cependant, son champ d’action est étroit : il ne peut pas être utilisé pour des bâtiments tertiaires, des ERP, ni pour évaluer un immeuble dans son ensemble.

Pourquoi viser le DPE avec mention ?

Opter pour le DPE avec mention, c’est choisir de se positionner sur un créneau plus stratégique. Ce diplôme ouvre droit à intervenir sur des immeubles d’habitation collectifs, des bureaux, des commerces, des écoles, ou encore des hôtels. C’est un atout majeur pour développer une activité autonome, car il élargit considérablement la base de clients potentiels. Les syndics, les agences immobilières spécialisées en gestion, ou les bureaux d’études en rénovation, recherchent activement des diagnostiqueurs capables de réaliser des DPE à l’échelle d’un immeuble. C’est souvent là que se joue la rentabilité d’un cabinet.

Tableau comparatif des cursus de formation énergétique

🎯 Type de certification 👥 Public cible 🏢 Type de bâtiments autorisés 📈 Niveau de difficulté de l’examen
DPE Individuel (Sans Mention) Diagnostiqueurs débutants, spécialisés en logement individuel Maisons, appartements (unités séparées) Moyen – bases solides en thermique requises
DPE Tous bâtiments (Avec Mention) Professionnels visant l’expertise et l’évolution Immeubles collectifs, tertiaire, ERP, bâtiments mixtes Élevé – maîtrise avancée des outils et réglementations

Pour un entrepreneur, le choix entre les deux n’est pas anodin. Le DPE sans mention peut suffire pour démarrer, mais à moyen terme, il devient vite limitant. Beaucoup de professionnels choisissent de commencer par le DPE basique, puis de se reconvertir. Mais cette voie prend du temps, et coûte plus cher à terme. Mieux vaut, dans la plupart des cas, viser le DPE avec mention dès le départ si l’on a l’ambition de travailler sur des projets complexes ou avec des copropriétés.

Choisir selon son projet entrepreneurial

Le retour sur investissement d’une formation DPE avec mention est souvent plus rapide qu’on ne le pense. Les tarifs d’un DPE collectif peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros, contre 100 à 150 € pour un logement individuel. En parallèle, les organismes financeurs (ANAH, copropriétés aidées) exigent de plus en plus des diagnostiqueurs certifiés pour piloter leurs dossiers. Former son regard sur des immeubles, c’est aussi s’ouvrir à des missions complémentaires : audits énergétiques, accompagnement à la rénovation, ou même conseil en copropriété.

Questions les plus posées

Puis-je me lancer directement sans aucune expérience dans le bâtiment ?

Techniquement, non. Il faut soit un diplôme de niveau bac dans le domaine du bâtiment, soit trois ans d’expérience professionnelle. C’est une exigence réglementaire, imposée pour garantir la fiabilité des diagnostics. À moins de passer par une reconversion longue, comme une licence pro BTP, il est difficile de contourner cette règle.

Existe-t-il des logiciels spécifiques inclus dans la formation ?

Oui, les formations intègrent généralement l’apprentissage de logiciels certifiés, comme CasE, Adéquation ou Pléiades. Ces outils sont essentiels pour modéliser la consommation d’un bâtiment. Leur prise en main fait partie intégrante de la formation, avec des exercices pratiques et des cas réels.

Est-ce une erreur de ne pas prendre l’option avec mention dès le début ?

Ça peut le devenir. Si vous visez une activité sur des copropriétés ou du tertiaire, commencer par le DPE sans mention vous obligera à repasser une formation complémentaire. En termes de temps et de budget, c’est souvent moins efficace que de viser le haut du panier dès le départ.

Combien de temps dure réellement le recyclage de la certification ?

Le renouvellement se fait tous les sept ans, et nécessite une formation continue d’une durée variable selon l’organisme – généralement entre 20 et 40 heures. Ce recyclage est obligatoire pour maintenir la certification COFRAC, sans quoi le professionnel ne peut plus réaliser de diagnostics.